Quel ne fût pas la surprise des C.R.S cette nuit lorsqu’au terme d’une course poursuite infernale ils réussirent à coincer un petit groupe d’émeutiers particulièrement virulents. Certes, on trouvait dans ce groupe des individus au profil socio- logique " habituel " dans ce genre d’émeutes: jeunes en échec scolaire précoce, vivant dans des quartiers particulièrement ségrégués, souvent au chômage ou occupant des petits boulots sans avenir dans lesquels ils se font exploités sans vergogne, etc…Mais ils trouvèrent surtout une femme agée au profil totalement atypique dans ce genre d’évènements. Celle-ci, particulièrement grande et trahissant à la fois dans son apparence vestimentaire (tailleurs et talons hauts) et son " hexis " corporel une origine sociale particulièrement élevée (une impression d’ailleurs renforcée par un accent américain évident), n’appartenait visiblement pas du tout à ce genre de milieu. D’ailleurs, le mystère reste entier sur la méthode qu’elle a pu utilisée pour pénétrer ce groupe de jeunes et se faire acceptée comme un des leurs. Toujours est-il que cette femme, haute responsable et théoricienne particulièrement connue d’une organisation alter-mondialiste qui a pignon sur rue (mais dont nous tairons ici le nom par déontologie journalistique), s’est exprimée ainsi pour rendre compréhensible et acceptable un tel retournement qui visiblement déstabilisait profondément les C.R.S (l’un d’eux déclarant " si maintenant on doit se taper aussi ça, on est pas sorti de l’auberge… ") :  " si vous pouviez vous mettre mentalement à ma place, vous comprendriez l’ampleur du désespoir qui m’a frappé et qui, inéluctablement, je dis bien inéluctablement, à la manière d’une machine infernale, m’a amené ici.

En effet, j’ai d’abord essayé de réveiller les consciences en écrivant des livres, en participant à la création d’une association qui proposait des alternatives au libéralisme. Excusez moi du terme : mais nous avons été " pris pour des cuns " comme vous dites en France par des médias corrompus. Soit ils nous ignoraient, soit ils nous caricaturaient, soit ils nous faisaient participer à des débats truqués où nous n’avions quasiment aucune chance d’être entendus. Je suis allé parlé en personne aux socialistes français : ils ont toujours fait semblant de découvrir de façon étonné l’ampleur des dégats des lois libérales qu’ils signaient. Et que je sache, ils ont déjà dit qu’ils n’allaient pas les abroger s’ils revenaient au gouvernement.  ! Les socialistes français, c’est comme vous dites en France " parle à mon quiu, ma tête est malade". Nous avons fait des grêves longues et dures, mis des millions de gens dans la rue pour réveiller le gouvernement, le sortir de sa torpeur autastitique. Mais là aussi c’était comme vous dites " pisser dans un violan "…Le gouvernement dit " j’ai bien écouté ", et comme si rien ne s’était passé, il va exactement dans la direction inverse ! Mais de qui se meuque-t-on depuis des décennies dans ce pays? "Et voilà que l’autre fois je vois ce monsieur Raoult, qui, il y a quelques semaines encore, demandait quasiment un droit d’incivisme légal pour que les quartiers bourgeois ne se mélangent pas socialement avec le bas peuple et les " gueux ". Et qu’a produit cet esprit de non mélange, sinon les émeutes actuelles ? Et ne voilà-t-il pas que ce type qui, parmis d’autres (lisez la " misère du monde " de Bourdieu), a fabriqué très consciemment les ghettos d’aujourd’hui et s’en vente presque à visage découvert, voilà que ce type prend des grands airs d’homme moral pour demander la tolérance zéro pour ces émeutiers ? Là, je me suis dit : " Ma petite Suzanne, ton honneur est en jieu . Passe la vitesse supérieure…. " Et là, elle s’est brutalement tue en fixant droit dans les yeux le capitaine des C.R.S. Un frisson a saisi la compagnie des C.R.S, comme s’ils venaient de comprendre qu’ils n'étaient que des morts en surssis….

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