La première chose intéressante que cet incident  -ou plutôt la manière dont certains journalistes et médias le rapportent (comme par exemple lors de l’émission « t’empêches tout le monde de dormir » sur M6 le mardi 26/02/08)- révèle, c’est la malhonnêteté quasiment naturelle de certains journalistes lorsqu’ils racontent de manière intéressée et simplifiée un événement dont ils veulent orienter notre façon de le voir. La plupart des personnes sur le plateau de M6 ce soir là (dont Richard Borhinger qui se pense neutre et  critique!) défendent la version comme quoi Nicolas Sarkzoy ne fait que répondre à une première insulte formulée ainsi : « ah non, touche moi pas, tu me salis ». Or nous pouvons vérifier sur la bande vidéo que les choses ne se passent pas ainsi. Certes, notre gaillard dit  d’abord « ah non, touche moi pas ». de façon qui peut paraître un peu « rustre » lorsqu’on appartient aux classes moyennes ou supérieures ou la « politesse » est quasiment  « naturelle » (même lorsqu’on est un enfoiré cynique notoire : faut-il rappeler que certains hauts dignitaires nazis avaient un langage exquis dans les circonstances officielles, et parfois même en famille ? Ce qui est la preuve éclatante que la politesse que quelqu’un peut afficher n’est en rien un signe comme quoi on a à faire à quelqu’un de bien. C’est quelque chose qui se mime  bien trop facilement pour être un indice fiable. Les agences de com le savent bien. Ce qui bien sûr ne veut pas dire à l’inverse que l’absence de politesse soit la preuve de l’humanité de quelqu’un . Cela veut juste dire qu’il ne faut se fier ni à la politesse, ni à l’absence de politesse que quelqu’un peut afficher pour juger de sa réelle humanité et de ses vraies valeurs.Il faut chercher les valeurs de quelqu’un dans ses actes. Et s’il est président de la république, dans les lois et les « réformes sociales qu’il prend, et  qui accroissent ou diminuent l’injustice sociale). 
Mais sa première réplique, certes exprimée de façon un peu « fleurie » pour un habitant de Neuilly, s’arrête là, et  n’est en rien une insulte. Il ne dit pas encore « tu me salis ». Dans ce premier temps de l’échange, il use tout simplement -dans le langage de la classe sociale qui est la sienne (et toute personne prétendant ne pas pratiquer un quelconque racisme social doit lui laisser le  droit de s’exprimer ainsi)- du droit que devrait avoir n’importe qui d’entre nous de ne pas être enrôlé contre son gré dans une opération de propagande visant à faire croire que le chef de l’état est populaire où qu’il aille (à moins de ne donner le droit qu’aux pro sarkozystes de se trouver au salon de l’agriculture au moment de sa visite ! Ce qui reviendrait à épurer les rues préalablement au passage de Sarkozy. Drôles de mœurs pour une démocratie !).
Ce qui déclanche la réplique pour le coup agressive de  notre gaillard quand il dis « tu me salis », c’est la réponse déplacée et disproportionnée de Sarkozy qui -au lieu de l’ignorer et de respecter le droit qui devrait être élémentaire (et qui ne l’est plus !) à ne pas lui serrer la main  (certes affiché de manière un peu fleuri)- lui répond « casses toi alors » (il confirme ici ce qu’il laissait déjà pressentir lorsqu’il cherchait à intimider ouvertement les journalistes de FR3 qui ne se montraient pas assez larbins à son gôut lors de sa campagne électorale : à savoir que le respect du droit à la neutralité ou à l’opposition, surtout lorsqu’on en use et qu’on le fait connaître publiquement, « l’emmerde » pour adopter son langage)  . Non seulement le langage du « Président » (qui veut introduire la morale à l’école ! rire) bascule du langage populaire à l’insulte (c’est lui qui passe « un cran » innaceptable dans celle-ci, surtout pour un « président », obligeant l’autre à la surenchère s’il ne veut pas perdre la face) mais il est surtout un déni de la liberté du citoyen à ne pas faire la propagande du chef de l’état contre son gré lorsque celui-ci croise, volontairement ou pas, son chemin. Si l’on interdit à un citoyen qui n’a pas envie de serrer la main du président le droit de se trouver là où passe le président, alors autant officialiser (comme le font ouvertement les régimes autoritaires)  que tout déplacement du chef de l’état est un moment de propagande officiel auquel le citoyen a l’obligation de se prêter.
 Par les temps qui courent, quand on voit avec quelle facilité certains courbent la tête d’eux-mêmes devant notre président « star » (ou tsar ?) et se laissent « embarquer » dans ces opérations de « com » (ou de con ?)  par lesquelles nos « dirigeants » actuels tentent de « charmer » le peuple à défaut de d'agir dans le bon sens sur leurs conditionts de vie sociales (que l’on pense à la facilité avec laquelle Gérard Dahan a trompé l’équipe de France de football en se faisant passer pour le président de la république, révélant par là combien les sportifs parmi d’autres étaient incapables de ce courage civique élémentaire consistant à défendre le droit de son métier à être un terrain neutre et autonome en face du monde politique, pour ne pas parler du monde économique), on peut très bien voir le geste (certes un peu fleuri) de notre trublion comme un quasi-geste de courage civique. Ce geste là fait du bien en temps de régime de soumission apeuré. D’ailleurs, en privé (et cette peur de dire publiquement les choses n’est-elle pas la preuve par excellence comme quoi certains ont déjà compris et accepté que le temps de la liberté d’opiner sérieusement contre notre président n’était plus de mise), beaucoup le disent (alors qu’en circonstances officielles ils l’attaqueront) : « chapeau à ce mec, moi je l’ai trouvé  courageux ».
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