(chanteurs particulièrement civiques de marseillaises, protégés par bouclier fiscal)



Ils ont vu leurs parents libérer la Provence en 1945 et ne recevoir qu’une maigre reconnaissance seulement dans les années 2005, quand la majorité d’entre eux étaient morts ! Et ils se sont permis de siffler la marseillaise. Comme c’est étonnant !
Ils ont vu leurs parents exploités comme des malheureux dans les usines pour fabriquer nos maisons, nos voitures et nos frigos,et mourir en moyenne bien avant les autres, avec des retraites minables. Et ils se sont permis de siffler la marseillaise. Comme c’est étonnant !
Ils sont certainement ceux qui cumulent les situations les plus défavorables du point de vue de la violence sociale  qu’on peut aujourd’hui recevoir en France ; mauvaises conditions de logement, échec scolaire prononcé, chômage ou travail mal payé et exploité, absence de perspective réelles permettant d’avoir une vie normale. Et ils se sont permis de siffler la marseillaise. Comme c’est étonnant !
Le chef d’état d’aujourd’hui, sous prétexte de la présence d’une minorité de délinquants chez eux (comme dans tous les milieux, même à l’UMP avec Alain Juppé), a contribué à légitimer une perception raciste des habitants de ces quartiers, en les qualifiant de racaille. Et ils se sont permis de siffler la marseillaise. Comme c’est étonnant !
Ils ont longtemps subi, et subissent certainement encore, un préjugé défavorable de la société française, dû au regard largement péjoratif  que les médias nous ont appris à porter sur eux et leur couleur de peau. Et ils se sont permis de siffler la marseillaise. Comme c’est étonnant !
Ils voient des  dirigeants augmenter les franchises médicales et diminuer les retraites des plus pauvres tout en donnant des centaines de milliards à des spéculateurs véreux, mais sans sauver les pauvres gens qui ont fait les frais de leurs montages financiers malhonnêtes. Et ils se sont permis de siffler la marseillaise. Comme c’est étonnant !
Ils ne se satisfont pas d’une « politique des banlieues » réduite à la mise en scène de quelques gens de couleur atypiques qui ont eu un parcours hautement improbable, et qui ont pour principale fonction de masquer l’enchaînement quasi inexorable de la majorité d’entre eux à une condition misérable. Et ils se sont permis de siffler la marseillaise. Comme c’est étonnant !
Ils n’acceptent pas qu’un chant qui symbolisait une France révolutionnaire qui s’est révolté contre les privilèges sociaux d’une aristocratie qui vivait sur le dos des autres catégories sociales soit aujourd’hui récupéré  par de nouveaux exploiteurs qui entretiennent des écarts de fortune (au double sens du terme) bien plus importants qu’à l’époque ou il fût inventé. Et ils se sont permis de siffler la marseillaise. Comme c’est étonnant !
N’étant représenté sérieusement par personne dans le champ politique et certainement pas par une « gauche » devenue libérale depuis au moins vingt cinq ans et ayant renoncer au partage des richesse en faveur des catégories populaires qui constituait pourtant son électorat naturel, ils se sont permis de manifester leur existence dans un monde qui ne leur demande qu’une chose : être socialement violentés en la fermant. Comme c’est étonnant !
Plutôt que d’endosser l’habit attendu d’eux (notamment par le monde médiatique) du délinquant sans raisons apparentes (ou privé d’apparence ?) qui brûle la voiture de son voisin, ils ont préféré (à la manière des étudiants américains  brûlant le drapeau américain pour marquer combien la guerre du Vietnam ne représentait pas tous les américains) avoir l’intelligence symbolique et politique de ne pas avoir recours à la violence  physique, mais d’attaquer un symbole clé devenu hautement fallacieux.Comme c’est étonnant !
Quoi qu’on en dise, c’est politiquement magnifique que d’obliger les dominants -qui font semblant de se préoccuper du sort des plus « modestes » tout en les exploitant subrepticement par des mécanismes sociaux particulièrement vicieux et détournés (notamment en invoquant systématiquement la « mondialisation », qui n’est jamais qu'un chantage à l’échelle mondiale des actionnaires rentiers sur les salariés) -à imposer leur « respect » en force. Une « élite » qui impose son respect en force reconnaît implicitement qu’elle  n’arrive pas à obtenir l’obéissance de ceux qu’elle voudrait victimes consentantes à sa domination.
Il faut le reconnaître, les siffleurs apparents de Marseillaise d’aujourd’hui sont bien  ceux qui sont les plus proches de l’idéal révolutionnaire que symbolisait ce chant à l’origine. Ils refusent que l’aristocratie d’aujourd’hui récupèrent  ce symbole de révolte...Comme c'est étonnant!



(siffleur de marseillaise particulièrement incivque payant les franchises médicales)


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