(si l'on peut utiliser ces fables dans des publications militantes ou satiriques (journaux, tracts...), par contre leur exploitation éditoriale ou commerciale sans accord explicite avec l'auteur s'exposerait à des poursuites. En cas de litige, elles sont d'ailleurs protégées par "preuve jurdique".)

LA FONTAINE, TOUJOURS AUSSI ENERVANT .

1) L'état voyou U.S et l'O.N.U

2)  Le gréviste et ses scrupules

3) L'employée d'Enron et la syndiquée ringarde

4) L'Ecologiste et le Socialiste

5) Le service public qui se veut aussi "rentable" que la multinationale

6) L'homme (occidental et bourgeois) et le réchauffement de la Terre.

7) Les hommes malades de la "délinquance"

8)Le "socialiste" et les deux camps politiques

9) L’O.M.C et la vieille militante

10) Le Chroniqueur libéral et le Service de santé public

 

 

1) L’état voyou U.S et l’O.N.U

La raison du plus fort est toujours la meilleure:

Nous l’allons montrer tout à l’heure.

L’organisation des Nations Unis travaillait

A désarmer un tyran sans morts inutiles.

Surgit Bush, cherchant un alibi habile

Pour annexer cet état pétrolier.

"Qui te rend si hardi de troubler mon carnage?

Dit ce président plein de rage:

Tu seras châtié de ta témérité.

-Sire U.S, répond l’O.N.U, que votre Majesté

Ne se mette pas en colère;

Mais plutôt qu’elle considère

Que d’armes de destruction massive

Il n’existe aucune preuve incisive.

Et que par conséquent, en aucune façon

Ne s’impose de provoquer un tel typhon.

-Ces preuves existent, reprit cet état cruel,

Tony Blair a trouvé un document sans appel.

-Mais il l’a fabriqué et c’est un faux grossier,

Reprit l’O.N.U, et on ne peut l’accepter.

-Nous avons des vidéos irréfutables.

-Un gamin les bricolerait-C’est insupportable;

Vous n’êtes que de vils anti-américains

Vous, vos institutions, et tous ces humains.

On me l’a dit: il faut que je me venge."

Là dessus, au mépris du droit des nationalités

Bush emporte l’O.N.U, et puis la mange,

Sans autre forme de procès.

(d’après "Le Loup et l’Agneau", La Fontaine)

 

2)  Le gréviste et ses scrupules

Un gréviste rempli de réflexivité
(S’il en est de tels dans le monde)
Fit un jour sur sa combativité,
Quoiqu’il ne l’exerçat que par nécessité,
Une réflexion profonde.
"On me veut haï, dit-il; et de qui? de chacun.
Le gréviste serait l’ennemi commun:
Patrons , journalistes veulent sa perte;
Sur les écrans on ne voit que leurs cris:
De notre mort l’Angleterre est experte,
Notre tête y est mise à prix.
Il n’est journal télévisé qui ne fasse
Contre nous tel reportage orienté;
Il n’est tel spectacle à apprécier
Que des grévistes aussitôt on ne menace.
Le tout pour une retraite élémentaire,
Pour des droits faibles, pour un petit salaire
Dont j’aurai passé mon envie.
Et bien! ne contestons plus dans cette vie:
Paissons l’herbe, broutons, mourrons de faim plutôt.
Est-ce une chose si cruelle?
Vaut-il mieux s’attirer la haine universelle?"
A ces mots, il vit des actionnaires libéraux
Vidant de leurs salariés les poches.
"Oh! oh! dit-il, je me reproche
Le côut de ma grêve, voilà des bourgeois
Volant notre argent sans vergogne et sans foi;
Et moi, gréviste, j’en ferai scrupule?
Non par tous les dieux, non, je serai ridicule:
Les fruits de mon travail me reviendront
Sans qu’à la bourse ils fassent le plongeon.
Et non seulement eux, mais les acquis sociaux
Pour lesquels nos aïeux ont donné leur peau.

Ce gréviste avait raison. Est-il dit qu’on voit
Un PNB si haut sous notre toit,
Et des pauvres si nombreux; et nous leur dirons
Que les faire vivre bien nous ne pourrons?
Ni retraite ni sécurité sociale?
Patrons, actionnaires! Le gréviste n’a tort
Que quand il n’est pas le plus fort:
Voullez-vous qu’il vive en associal?

(d’après Le Loup et les Bergers, La Fontaine)

 

3) L’employée d’Enron et la syndiquée ringarde

Une employée d’Enron ayant spéculé

Toutes ces années

Se trouva fort dépourvue

Quand la faillite fut venue.

Pas un seul petit profit

Ni un brin d’économie.

Elle alla crier famine

Chez la syndiquée sa voisine

La priant de lui prêter

Quelques gains pour spéculer

Jusqu’à la conjoncture nouvelle.

"Je vous paierai, lui dit-elle,

Avant l’aout, foi d’économiste,

Et de prévisions réalistes".

La syndiquée ringarde n’est pas rêveuse,

C’est là son moindre défaut.

"Quand le délire boursier était si haut,

Que faisiez-vous?" dit-elle à l’emprunteuse.

"Nuit et jour à tout venant

Je spéculais, ne vous déplaise.

Vous spéculiez? J’en suis fort aise:

Eh bien! cotisez maintenant."

(d’après "la Cigale et la Fourmi", La Fontaine)

 

4) L’Ecologiste et le Socialiste

Maître Ecolo, à un scrutin représenté,

Tenaît en son bec un bon pourcentage.

Maître socialo, par son succès alléché,

Lui tînt à peu près ce langage:

"Hé, bonjour, Monsieur l’Ecolo,

Que vous êtes fin, que vos projets sont beaux!

Sans mentir, si votre efficacité

Se rapporte à vos idées,

Votre place est dans mon gouvernement."

A ces mots, l’Ecolo se sent enfin important

Et pour montrer sa bonne volonté,

Fait le figurant et lâche ses idées.

Le Socialo les détruit et dit: "Mon bon écolo,

Apprenez que de toute participation,

Votre électeur attend un minimum d’action...

Cette leçon vaut bien sa sanction de facto."

L’Ecolo, honteux et confus,

Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

(D’après "Le Corbeau et le Renard, La Fontaine, en "hommage" à la participation des écologistes au gouvernement Jospin, alors que le réchauffement climatique s’installait tranquillement)

 

5) Le service public qui se veut aussi "rentable" que la multinationale

Un service public vit une multinationale

Aux profits apparents de belle taille.

Lui qui n’avait pas une telle fin initiale,

Envieu, se déforme, s’enfle et se travaille

Pour égaler de son modèle les "affaires",

Disant: "Regardez bien, chers actionnaires,

Ma rentabilité est-elle suffisante?

-Nenni- La précarité intéressante?

-Point du tout- Les salaires assez rachitiques?

-En rien-Mes OPA suffisantes? M’y voilà?

-Vous n’en approchez point" Le service public

Se renia si bien qu’il creva.

 

Le monde est plein de "libéraux" qui ont la rage.

On veut réduire l’utilité à la finance.

On veut d’automatiques pourcentages.

On veut des impôts l’utilité sans la dépense.

(D’après "La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf", La Fontaine)

 

6) L'Homme (occidental et bourgeois) et le réchauffement de la Terre

Rien ne sert de courir, il faut partir à point:

L'Homme et le Réchauffement en font témoignage.

"Gageons dit celui-ci, que vous n'entraverez point

Mon massacre- Sitôt? Etes vous sage?

Repartit l'Homme léger:

Mon obtu pessimiste, il vous faut purger

De votre esprit cet imbécile désordre.

-Sage ou non, je parie encore"

Ainsi fût fait; et de tous deux

On mit près du but les enjeux:

Le futur de nos enfants était l'affaire,

Et d'un tel juge l'on convint.

Un mode de vie notre homme devait défaire,

J'entends de ces comportements sans fins

Où l'on consomme sans discernement des produits

Sans réfléchir au malheur qu'on induit.

Ayant dis-je, du temps de reste pour moins polluer,

Pour moins rouler et pour moins climatiser

A outrance, il laisse son destructeur

Aller son train de sénateur.

Il part, donne d'évidents signes d'alerte

En espérant que ce ne soit en pure perte.

Lui cependant méprise de tels indices,

Tient le danger pour factice,

Croit qu'il y va de son honneur

De partir tard. Il multiplie sciemment

Fausses conférences et faux engagements

Et déguise les preuves en injustifiées peurs.

A la fin, quand il vit

Que l'autre touchait presque au but

Il partit comme un trait. Mais les efforts qu'il fit

Furent vains: Le Réchauffement gagnant fût.

Celui-ci cria aux rares survivants

"De quoi vous a servi votre cerveau?

On détruit la planète sciemment

En consommant si mal et si haut".

 (d'après "Le Lièvre et la Tortue", La Fontaine)

 

7) Les hommes malades de la "délinquance"

Un mal qui se répend sur les écrans,

Mal que des médias malséants

Emplifièrent pour masquer les problèmes de fond,

La "délinquance" (puisqu’il faut l’appeller par son nom)

Utilisée à dépolitiser la nation,

Faisait aux citoyens sa diversion.

Peu d’agressés, mais tous se disaient frappés;

On n’en voyait point d’interessés

A chercher des faits la pertinence.

Nul sociologue d’influence,

Ni rares journalistes honnêtes

De ce préjugé n’ébranlèrent la tête.

Manipulés, les citoyens se faisaient avoir:

Plus de recul: partant, un vôte de désespoir.

Le président tint conseil et dit: "Mes chers amis,

Je crois que la montée du F.N a permis

Pour nos péchés cette infortune.

Que le plus coupable de nous

Se sacrifie aux effets du médiatique courroux;

Peut-être il obtiendra la guérison commune.

L’histoire nous apprend qu’en de tels accidents

On fait de pareils dévouements.

Ne nous flattons donc point, voyons sans indulgence

L’état de notre conscience.

Pour moi, profitant de mon impunité,

J’ai créé de ficitfs emplois.

J’ai occupé des appartements sans les louer.

Même souvent, j’ai mangé et j’ai voyagé

Sans payer et sans respecter les lois.

Je me dévouerai donc, s’il le faut, mais j’ai pensé

Qu’il est bon que chacun s’accuse ainsi que moi

Car on doit souhaiter, selon toute justice,

Que le plus coupable périsse.

-Sire dit le MEDEF, vous êtes trop naïf et droit;

Vos scrupules font voir trop de délicatesse.

Eh bien! se gaver de millions en espèce,

Est-ce un pêché? Regardez nos stock-options, Seigneur,

Voyez de nos actions sans travailler le bonheur;

En volant le travailleur, l’on peut dire

Qu’il était digne de tous ces maux,

Etant de ces gens quasi-animaux

Sans compétences et sans désirs.

Ainsi dit le patron; et flatteurs d’applaudir.

On n’osa trop appronfondir

Du trader, ni du cadre, ni des autres puissances,

Les moins pardonnables offenses:

Tous les exploiteurs, jusqu’aux simples matins,

Au dire de chacun étaient de petits saints.

Le petit délinquant vint et dit: "J’ai souvenance

Qu’en une rue fréquentée par des passants,

La pauvreté, le manque d’avenir et, je pense,

Quelque diable aussi me poussant,

Je soulageais un passant de quelques dépenses.

Je n’en avais nul droit, puisqu’il faut parler net."

A ces mots on cria haro sur le baudet.

Un pseudo expert démontra par sa harangue

Qu’il fallait emprisonner ce maudit animal,

Ce pelé, ce gâleux, d’où venait tout leur mal.

Sa pécadille fût jugé un cas pendable.

Voler de l’argent! quel crime abominable!

Rien que la prison n’était capable

D’expier son forfait: on le lui fit bien voir.

Selon que vous serez puissant ou misérable

Les médias de cour vous rendront blanc ou noir.

(d’après "Les Animaux malades de la peste", La Fontaine)

 

8) Le "socialiste" et les deux camps politiques

Un "socialiste" donna tête baissée

Dans la réunion d’un patron, et sitôt qu’il y fut,

L’autre, envers eux de longtemps courroucé,

Pour le dévorer accourut.

"Quoi? Vous osez, dit-il, à mes yeux vous produire,

Après que votre race a taché de me nuire!

N’êtes vous pas socialiste? Parlez sans fiction.

Oui, vous l’êtes, ou bien je ne suis pas patron.

-Pardonnez-moi, dit le socialiste,

Je ne suis pas dogmatiste.

Moi socialiste! Des méchants vous désinforment.

Grâce à ma reconversion

Je suis libéral, voyez mes réformes.

Vive la bourse et des impôts la diminution."

Sa trahison plut, et sembla bonne.

Elle fait si bien qu’on lui donne

Liberté de se retirer.

Deux jours après, notre cher ami

Aveuglément se va fourrer

Chez les prolétaires, aux exploiteurs ennemis.

Le voilà derechef en danger de sa vie.

Les exploités, avec leurs déclarations,

Voullaient le sanctionner aux prochaines élections,

Quand il protesta qu’on lui faisait outrage:

"Moi, pour inutile passer! Vous n’y regardez pas.

Qui fait la gauche? Ce sont les moindres dommages.

Bien plus rapide serait votre exploitation

Si des libéraux, vous acceptiez la franche action".

Maints démagogues, d’écharpe changeant,

Aux dangers, ainsi que lui, ont souvent fait la figue.

L’opportuniste dit -mais pour combien de temps?-

Vive le marché! Vive la ligue!

(d’après "La chauve-souris et les deux belettes", La Fontaine. En "hommage" au double langage du PS )

 

9) L’O.M.C et la vieille militante

J’ai lu chez un conteur de fables,

Que l’O.M.C, la tueuse de petites gens,

L’exterminatrice des petits paysans,

Rendait ces derniers misérables.

J’ai lu, dis-je, en certain auteur,

Que cet organisme manipulateur,

Vrai cerbère, était craint une lieu à la ronde:

Il voulait des droits dépeupler le monde.

Les protections sociales et leurs garanties,

Les conditions de travail et leur progrès,

N’étaient que jeu auprès de lui.

Comme il voit que les citoyens révoltés

Veulent toujours plus d’égalité

Qu’ils n’abidquent pas, qu’il avait beau chercher,

Le galand fait le faux, et du haut des marchés

Invoque l’équité: la bête scélérate

Détourne l’idée de progrès de sa patte.

Les pays pauvres croient que c’est vérité,

Qu’il oeuvre au progrès de l’humanité,

Qu’il n’a pour intéret que le bien du monde;

Enfin qu’il n’y a là rien d’immonde.

Tous, dis-je, unanimement,

Adoptent son règlement,

Font assaut de privatisations,

D’"ouverture" et de dérèglementations,

Puis baissent leurs impôts,

Puis décrêtent leurs services publics en trop.

Mais voici une autre fête:

L’investisseur, de ses capitaux jouant,

Leur fabrique d’insupportables dettes.

"Nous en savons plus d’un se dit-il en les gobant:

Nos lobyistes veillent; et leurs requêtes

Seront détruites, c’est écrit:

Au final, ils nourriront tous nos profits."

Il pensait vrai: maître O.M.C,

Pour la énième fois, les trompe et les affine,

Blanchit ses théories et s’enfarine;

Et de la sorte légitimé,

Leur vante l’économie "libre et ouverte".

Ce fût à lui bien avisé:

La gent pauvre s’envient chercher sa perte.

Seule une militant, sans plus, s’abstint.

C’était une vieille routière, elle jouait fin.

L’A.M.I elle avait vaincu à la bataille.

"Ton libéralisme ne me dit rien qui vaille,

Rien ne te sert d’être colombine,

Car quand tu serais saint, je n’approcherais pas.

C’était bien dit à elle; j’approuve sa prudence:

Elle était expérimentée,

Et savait que la méfiance

Est mère de la sureté.

(d’après "Le Chat et le vieux Rat, La Fontaine. En vrai hommage  au travail de Suzanne Georges)

 

10) Le Chroniqueur libéral et le Service de santé public

Les libéraux mentent effrontément.

Un pseudo vulgarisateur économique

Tomba malade si sérieusement

Qu’il pensait sa mort fatidique:

Une infection le menaçait.

De bonheur pour lui, qui désespérait,

Existait un service de santé gratuit.

Il lui fait signe; celui-ci le soigne.

Voici des examens au côut inouï.

Il le sauve,et demande qu’on témoigne

De la supériorité du secteur public.

"être honnête ? dit le journaliste:

Vous riez mon bon utopique!

Quoi n’est-ce pas déjà sympathique

Que mon histoire soit publiée et existe?

Allez, vous êtes un ingrat:

N’attendez pas l’honnêteté des médias"

(D’après "Le Loup et la Cigogne", La Fontaine. En "hommage" à Jean Marc Sylvestre)

 

 

 

Retour à l'accueil