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Publié par Goutelle Lionel



On se doutait que les sondages étaient loin d’obéir à de purs motifs de « connaissance de l’opinion public », mais on était loin d’imaginer l’ampleur du cynisme inavoué qui préside à leur fabrication. Or, une journaliste alternative  a réussi à gagner la confiance de l’un des patrons parmi les plus connus de ces instituts de sondages. Celui ci (l’alcool et la possibilité des avances d’une belle femme l’aidant ?) a oublié qu’il était enregistré, et lui a livré en toute naïveté les principes qui président à sa pratique professionnelle (notre journaliste ayant réussi à lui faire croire qu’elle était particulièrement admirative et envieuse devant sa « réussite et de son pouvoir »). Le résultat est pour le moins édifiant. Nous en publions ici quelques extraits (avec l’autorisation de cette journaliste «kamikaze», puisque aujourd’hui l’honnêteté dans cette profession condamne quasiment à faire un hara-kiri social d’entrée de jeu. Qu’elle soit remerciée pour son honnêteté autodestructive et pour avoir réserver l'exclusivité de son interview au citoyen déchainé)
« Si tu veux, les sondeurs sont déjà dans une position qui n’est pas neutre. Ils doivent vivre des sondages. Et s’ils veulent en vivre bien, ils doivent avoir prioritairement des clients riches et fidèles capables de bien les payer. Les sondeurs servent majoritairement les intérêts des dominants de notre société, et ils le savent très bien au fond d’eux mêmes, même si de temps ils se sentent obligés de donner le change en procédant à des sondages charités alibis pour « petites gens » ou « associations citoyennes ». Mais c’est pure stratégie (obligatoire) de masquage, tant leur petit jeu serait trop apparent. Mais fais le bilan, et tu t’apercevras vite que les questions -et surtout la manière de poser les questions- sont majoritairement très favorables à la vision des groupes sociaux dominants de notre société … Les sondages font partie des armes de propagande parmi les plus sophistiquées des puissants, puisque on arrive quasiment  à présenter les intérêts de ceux-ci comme étant voulu par le peuple lui-même ! (il rie bruyamment). Je t’assure ! Par exemple, prend le cas des grèves. Il y a bien des façons de faire dire aux gens ce qu’on veut qu’ils disent. Bien sûr, si tu commences à demander  aux gens « est-ce que les grèves vous emmerdent quotidiennement ? ». Ils vont répondre « oui ». Et si dans la foulée tu poses la question « faut-il réglementer le droit de grève avec un service minimum (c’est à dire rendre les grèves folkloriques, et leur enlever leur force) ? ». Ils vont bien sûr répondre oui. Mais si tu poses d’abord la question « si on cherchait à diminuer votre niveau de vie et vos conditions de travail pour des raisons bidons, et si il vous restait seulement la grève comme dernier recours ayant des chances de donner des résultats, y auriez vous recours ? » Tu auras des taux de réponses favorables de l’ordre de 80%...Ou encore si tu avais l’honnêteté, voire l’obligation de dire « sachant que la plupart des droits sociaux que vous avez sont les fruits des grèves qui les ont imposés, êtes vous favorable à la pérennisation d’un droit de grève réel ?» tu aurais aussi des taux de réponses pro grévistes de 80%....Même chose pour le trou de la sécu : si tu dis « sachant que la sécu est en déficit de 13 milliards d’euros par an, est-il normal de chercher à réduire nos dépenses ? », tu pièges quasiment le sondé (surtout s’il n’a pas d’autres informations que celles distillées par TF1 et A2) en lui faisant dire ce que tu as envie qu’il dise. Mais si par contre tu présentais la chose de la manière suivante « sachant qu’il suffirait seulement de huit points supplémentaires de P.N.B pour résorber tous les déficits sociaux (je dis bien tous, y compris les retraites !) dans les quarante ans qui viennent, et que pour obtenir cela il suffirait de ramener le taux de prélèvement des actionnaires de 38% du PNB par an à 20%  par an (ce qu’il était dans les années 70), autrement dit diminuer (dans des proportions qui leur sont encore largement favorables !) les revenus surtout des grands patrons et des cadres supérieurs de notre société pour financer l’accès à l’élémentaire d’une majorité de gens dans une situation difficile, tu changerais radicalement la façon de poser le problème. Mieux,  si la question réduite à l’essentielle du problème devient  « est-il normal d’interdire aux gens très riches la possession d’un cinquième palace au bout du monde (parce que nous en sommes là !) pour prolonger de trois ans la vie de centaines de milliers de gens des milieux populaires de plus en plus pauvres? », personne, à moins d’oser s’afficher comme ouvertement inhumain (mais ça pourrait venir au train ou vont les choses sous notre influence) n’osera répondre non . Je dois te dire que je suis assez fasciné aujourd’hui par la réussite de nos stratégies détournées  pour légaliser l’incivisme. Quand je pense que dans l’après guerre on avait condamné un journal qui avait osé dire que la sécu était en déficit ! Tu verras qu’à l’inverse, bientôt on mettra en prison pour « raisonnement anti-économique » toute personne osant faire passer le bien des humains avant le bien des « marchés » (c’est à dire des actionnaires et des « capitaines d’industries » comme dit Sarkozy)….Autrement dit, c’est comme si tu demandais à le femme violée de remercier son violeur… ». Pour une fois qu’un sondeur laisse aller sa sonde si loin, avouez qu’on ne pouvait pas s’en priver….
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