Journalistes sans frontières (organisation affirmant œuvrer pour la liberté de la presse) aurait bien aimé que cette affaire là ne s’ébruite pas ! Et pour cause !  Au vu de ce qui suit, on comprendra vite pourquoi…..car tel est pris qui croyait prendre !
Courant novembre 2007. Comme chacun  sait, la liberté de la presse est terriblement « malmenée » à l’est (c’est un doux euphémisme, puisque là bas, on risque la mort quand on critique sérieusement le pouvoir en place !). Comme d’habitude, à l’affût des bonnes causes tranquilles et sans dangers, qui  «  ne mangent pas de pain » (mais qui font passer pour des gens bien à si bon compte!), le milieu des journalistes « les plus en vue » de notre si beau pays (quasiment toutes les « pointures », ou se considérant comme telles, sont là !)  monte une pétition  « contre la répression de la liberté de la presse » dans cette contrée si lointaine. Cette pétition semble tellement aller de soi pour nos « grands professionnels » et l’association « journalistes sans frontières » qu’ils omettent un « détail technique crucial » qui va s’avérer terriblement catastrophique pour eux. Sans doute habitués (et entraînés) de longue date  à violenter  les opinions de ceux qui ne pensent pas comme eux (comme en temps de grève par exemple) , ou mieux, habitués à ne même plus imaginer qu’on puisse avoir une autre vision du monde (et spécialement du métier de journaliste) que la leur, nos «grands »  journalistes  vont « oublier » le plus naturellement du monde  de demander aux journalistes  dont ils se veulent les protecteurs évidents si ceux ci les acceptent et les réclament comme défenseurs. Une erreur qui va s’avérer fatale pour eux! En effet, loin  d’accepter d’être défendus par ces  « grands journalistes » auto désignés, les  journalistes étrangers censés être honorés par une telle démarche, vont au contraire avoir une réaction de violent rejet, quasiment viscérale, et renverser complètement la perspective sur le (faux) courage civique de nos « grands  journalistes »! Que l’on en juge plutôt par les citations suivantes, extraites d’un document qu’ils auraient bien aimé rendre public  (si, par la force des choses et la position de quasi monopole sur l’information détenue justement par ce même milieu des « grands journalistes  »  celui-ci n’avait pas été intentionnellement enterré. On sait bien que la plus grande arme de la presse -utilisée par exemple jusqu’à la nausée dans la sous information du citoyen français concernant les différentes réformes possibles des retraites fin 2007-  est le silence, même si bien sûr il est noyé sous une agitation de façade destinée à faire diversion sur l’essentiel) :
« Comment avez vous pu croire un instant que nous, qui risquons chaque jour notre vie pour critiquer le pouvoir en place, puissions accepter d’être défendus par des gens comme vous ! C’est à dire des gens qui, alors qu’ils sont encore dans un régime relativement démocratique, et qu’il suffirait d’un si petit courage civique pour faire honnêtement son métier, se plient si facilement d’eux même (et sans aucune pression extérieure directe, mais simplement par autocensure personnelle et par intérêt bien compris) aux hommes de pouvoir de leur société, qu’ils soient patrons ou hommes politiques ? »
« Des gens comme vous, qui osent prendre pour modèle Christine Ockrent -une femme qui cumule à la fois la position de  journaliste sur un grand média  national et celle de femme de ministre  (une chose rigoureusement interdite dans un pays pourtant aussi capitaliste que les U.S.A !!! ), une journaliste qui détruit de sa propre initiative la démocratie en direct sur un plateau de télévision en organisant un débat truqué ou les grévistes qui osent contesté le pouvoir sont à un contre huit (voir l’analyse d’Acrimed à ce sujet) ! et se font insultés à tours de bras- n’ont aucune autorité morale et  sont les plus mal placés  pour prétendre partager notre combat pour faire vivre la liberté d’opiner…Il est insultant pour nous que vous puissiez penser que nous vous avons vous-même  pour idéal….C’est au contraire pour ne jamais connaître des journalistes comme vous que nous nous battons  quotidiennement… »
 « …Vous faites semblant d’être les amis de la démocratie. Mais vous êtes en vérité ses tueurs les plus déterminés et les plus efficaces. On ne peut pas en vouloir à des journalistes qui, comme nous, sont contraints de se taire par la force. Par contre, on ne peut pas accepter que des journalistes comme vous, alors qu’ils ont encore de petites marges de liberté, ne les utilisent pas, et précipitent  ainsi la venue des tyrans et la fin de la démocratie… ».
On comprend au vu de ce terrible et inimaginable retour de manivelle, et la brutale prise de conscience sur l’état réel du discrédit moral de notre pseudo « grand journalisme »  qu’il en a résulté (y compris dans le milieu journalistique mondial !) que nos grands éditorialistes aient préféré faire comme si rien ne s’était passé…. « je vais bien, tout va bien… ».

Lionel Goutelle.



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