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  Les journalistes d'Antenne 2 ayant conçu l'émission "la télé tue" ont subi un profond choc mental, digne des plus belles décharges électriques imaginées par eux mêmes pour leur "expérience". On se souvient que dans celle-ci,  ceux-ci, très habilement, prétendaient n'avoir fait que "monter une expérience" censée démontrer le puissant pouvoir nocif de la télévision dans la montée des comportements inhumains. Bref, tout en rendant licite -et en exploitant commercialement- l'envie malsaine du spectateur de voir un homme en torturer un autre, ils arrivaient dans le même temps à occuper la position du  scientifique froid et courageux  qui ne fait que constater et mesurer les choses pour mieux les faire avancer. Re-bref s'il en était besoin, ils gagnaient sur les deux tableaux: ils montraient une télé réalité particulièrement sordide, et en même temps, ils occupaient la position de ceux qui la dénonçaient le mieux!

Mais voilà, la science n'était pas là où ils l'attendaient!

On apprend aujourd'hui que leur propre équipe était elle même infiltré par des chercheurs en sciences humaines (ou inhumaines?) dont le but de l'enquête qu'ils menaient était de déterminer "jusqu'où les journalistes sont-ils capables d'aller dans l'indifférence aux conséquences concrètes sur leur vie de la médiatisation qu'ils imposent à certaines personnes?" Et là, oh (fausse) surprise, il semblerait que les journalistes d'Antenne 2 aient obtenu des résultats qui les mettent largement en tête du palmarès  "des vies  bousillées par leur médiatisation, alors que cet effet était largement prévisible, pour ne pas dire inéluctablement logique dès le début".

En effet, toutes les personnes ayant été poussées (sous les plus ou moins bonnes raisons invoquées par les journalistes d'antenne 2) à occuper le rôle du bourreau dans cette émission, sont entrées, suite à leur médiatisation à visage découvert devant la France entière (et surtout devant leurs proches et elles mêmes) dans une profonde dépression due à leur incapacité à maintenir l'estime de soi  avec un tel passé, maintenant de notoriété publique et incontournable à vie. "horreur, j'ai été capable et j'ai affiché  ça...".

Par contre il ne semble pas que les psychologues aient vu encore des dépressions de journalistes "parce qu'ils ont été capables de ça" (c'est à dire monter une émission dont ils savaient qu'elle allait avoir du succès, mais dont la condition sine qua non serait d'abîmer  des vies humaines au passage) . Antenne 2 en tête de l'audimat malsain qui fait semblant de dénoncer l’audimat malsain ? Normal après  tout pour un service public, ou plutôt un "sévice public” . 

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