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Il est maintenant certain que cet homme, comme caricature particulièrement inimaginable de la (fausse) gauche française (constituée par le parti socialiste aujourd’hui), entrera dans l’histoire ! Frédéric Lordon l’avait déjà qualifié  de « Daladier » de la gauche française sur son blog : A l'image de celui-ci (qui, pensant éviter la guerre devant Hitler au prix de son déshonneur, eut à la fois le déshonneur et la guerre!), voulant  obtenir à n’importe quel prix une apparence de succès économique dans les médias (1), il avait déjà promis par le passé une ristourne sans contrepartie (mais aussi une « flexibilisation »  du droit du travail sans précédent)  au patronat sur les « insupportables » charges. Avec le résultat que l’on sait : si en 2013 les profits du  cac 40 ont rejoint leur taux démentiels d’avant la crise de 2008, le chômage lui a progressé  et les protections des salariés, notamment les retraites, disparaissent (2).

La comparaison avec Daladier était donc déjà particulièrement fondée : Il était prêt à renier son honneur en espérant gagner une apparence superficielle de succès économique : comme Daladier  il a  perdu à la fois son honneur (d’homme de gauche ou tout simplement d'homme honnêtre à vrai dire) , et le succès économique réel ! Et devant un  démenti du réel aussi cinglant, on aurait pu s’attendre à ce qu’un homme qu’on nous dit intelligent (mais peut être fait-on allusion à sa faculté présente et future de s’enrichir en bourgeoisie après avoir pris le pouvoir en mentant aux pauvres) se dise « mais merde, je suis devenu le jouet de monsieur Gattaz et compagnie. Je vais retrouver mon utilité et mon honneur envers mon électorat et les obliger à respecter les petites gens en souffrance qui ont cru en moi: les écarts de condition de vie ne cessent de se creuser dans ce pays, et  j’ai été élu contre ça ». Mais non ! Non seulement notre homme ne renie rien, mais il ose ce que Sarkozy et la droite, qui se croyait décomplexée (que va t’elle être réduite à promettre pour paraître encore plus décomplexée et plus à droite ? l’abolition du salariat ?), s’interdisait : 30 à 50 milliards de remise sur les charges patronales ! autant dire le meurtre délibéré des protections sociales acquises de haute lutte par Jaurès et ses amis (qui doivent mourir une deuxième fois de honte dans leur tombe). Gattaz, qui, comme le suggèrent les guignols de l’info, semble avoir du nez pour détecter ses vrais alliés (et surtout ses faux ennemis),  ne s’y est pas trompé : c’est bien là le maréchal Pétain de la gauche française qu’il a en face de lui, prêt à aller au delà de ses espérences initiales (que du coup, en vrai stratège de la lutte des classe  il peut revoir à la hausse bien sûr).

Rappelons-nous les engagements électoraux d'un tel homme pour que les petites gens  le portent au pouvoir :« je n’ai qu’un ennemi la finance….je renégocierai le traité européen, la justice sociale, etc… »

 Hollande ? le déshonneur et la violence sociale, c’est maintenant ! (à titre de preuve argumentée, lire la démonstration de Paul Krugmann, prix Nobel d'économie à l'adresse suivante:

http://blogs.mediapart.fr/blog/xipetotec/170114/paul-krugman-et-la-politique-scandaleuse-de-francois-hollande

Il conclut ainsi:
"Quand Hollande est devenu le président de la seconde économie de la zone euro, certains espéraient qu'il prenne position. Il a au contraire pris la posture habituelle, qui a fini par se transformer en effondrement intellectuel. La seconde grande dépression de l'Europe va continuer."

 

(1)  double erreur de perception tactique lorsqu’on se dit de gauche: primo, les « grands » médias font partis des dominants dont ils « reflètent »  trop souvent une opinion minoritaire et  orientée –on se rappelle la campagne des pseudos « pigeons »- et il est plutôt bon signe de se les mette à dos quand on prétend parler dans l’intérêt de la majorité  (par exemple la campagne  du non au traité européen s’était faite contre les journalistes  en passant sur leur tête).

secondo la croissance à n'importe quel prix (surtout dans une société ou les ressources  sont finies ) ne suffit pas par elle même à faire avancer la justice sociale promise par Hollande. Plus  de croissance, mais moins de droits sociaux et de partage des richesses, ce sont des pauvres de plus en plus maltraités par les riches. Or quand on vote pour la gauche, c’est pour faire cesser la violence sociale qui peut se faire et s’amplifier (comme lorsque Hollande « flexibilise » le droit du travail) à haut niveau de croissance.

(2) Vous me direz que la "droite franche"  a fait et fera la même chose.l. Mais il y a quand même un degré très particulier de cynisme qui a été franchi spécifiquement par le PS dans cette affaire (initiée par Mitterand et Bérégovoy jusqu'à aujourd'hui): non seulement il trahit son électorat et pratique une politique de droite classique sans avoir le courage de le faire à visage découvert, mais il nie verbalement une réalité évidente -si évidente que même des institutions aussi peut socialistes que l’OCDE et le FMI s'inquiètent des taux de rémunération démentiels  du capital par rapport au travai- qui crève les yeux et qui était pourtant au fondement de sa naissance et de son utilité sociale par le passé, à savoir la notion de lutte des classes. Car si le socialisme est né, c'est bien pour protéger les classes populaires de celle-ci. Or le parti socialiste d'aujourd'hui non seulement nie verbalement l'existence de la lutte des classes  (il est bien le dernier : on peut penser aussi à l'aveu  de Servan Schreiber écrivant un livre intitulé "les riches ont gagné". s'ils ont gagné c'est bien qu'ils étaient en lutte? contre qui au fait?), mais  -rire très jaune et très douloureux à vrai dire- il désarme aujourd’hui son propre camp (!) et l’appelle à être victime consentante à sa perte (!!). Le retournement "libéral" de Hollande est un euphémisme pour ceux qui n'ont pas le courage d'appeler un chat un chat. C'est une trahison et surtout une mise en danger sciemment produite de son électorat.

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