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                                 DU - PLI - CI - TÉ  !!!

 

 

S’il est compréhensible que le P.S ait pour ennemi déclaré Sarkozy et sa clique inquiet à l’idée de perdre le pouvoir, il est pour le moins surprenant, et surtout profondément injuste, que le P.S trouve sur sa gauche des critiques tout aussi virulents, et peut être tout aussi (sinon plus)  dangereux que ses « opposants de droite » (ou plutôt d’ultra-droite  : car aujourd’hui il est très difficile de paraître être à la droite du P.S si on ne « radicalise » pas les couleurs de son programme d’une manière ou d’une autre). Il est donc nécessaire une bonne fois pour toutes d’attaquer de face et de démolir  cette critique osant se  prétendre de « gauche », incapable de se moderniser et d’évoluer avec son temps, et se livrant à de faux procès en « honnêteté » comme nous le démontrons ci-dessous (en gros la fondation Copernic, des gens comme Serges Halimi, Frédéric Lordon, etc…). Et cela afin de mieux faire comprendre aux français qui votent que nous sommes le seul ennemi crédible en face de Sarkozy et consort. 

 

Quel est le principal argument de cette « gauche » (et qui mérite bien ce nom au vu de sa maladresse) ? En résumé, pratiquant une apparente « radicalité » dans l’honnêteté (avec cette brutalité typique qui trahit  à leur insu les extrémistes), ils mettent en rapport, malhonnêtement  et sans mansuétude historique,  nos discours et nos actes, spécialement lorsque nous sommes passés au gouvernement. Alors certes, si l’on juge le P.S avec cette vieille grille, pourtant si manifestement dépassée de la justice et de la confiance (il suffit de regarder un tant soi peu l’avant garde de la culture populaire du Vingt et unième siècle commençant, comme les votes du public -qui seront aussi une partie de nos électeurs ne l’oublions pas- dans une émission de télé réalité, pour s’apercevoir du coup de vieux qu’elle a pris), la partie est d’avance perdue . Le bilan final sec et froid, « objectif » et établi après coup, de l’installation du « libéralisme » en France n’est pas l’œuvre de la droite, mais bien principalement de nous les socialistes français (comme l’avait reconnu en son temps le Wall street journal saluant le bond en avant comme jamais des idées libérales en France sous Jospin, ou encore Juppé déclarant quelque part que « si la gauche n’avait pas fait ce travail, nous n’aurions jamais pu le faire nous même »). Nous n’avons pas peur de le dire : les principaux architectes du libéralisme en France sont bien Bérégovoy qui a initié la « liberté » des marchés (à défaut de celle des exploités), Jacques Delors qui a tant œuvré pour « l’Europe » et « le principe non faussé de la conccurence », Jospin qui a signé à Barcelone les traités initialisant la privatisation des services publics, etc, etc…. Et nous n’aurons donc pas la bêtise de nier ce genre d’évidences, par trop aveuglantes.

 Par contre ou cette pseudo « gauche » se trompe lourdement et fait preuve d’une injustice flagrante dans le jugement qu’elle porte sur nous, c’est sur la manière fondamentalement différente d’arriver à ce résultat, une manière qui change tout à vrai dire. Car comme le disait déjà Bourdieu en son temps, ce qui compte, ce n’est pas l’opus operatum (le résultat final), mais le modus operandi (la manière d’y arriver). Or, il y a une différence radicale dans la façon d’installer le libéralisme dans la tête des français selon que c’est Sarkozy ou nous qui le faisons.  Quand Sarkozy le fait, il le fait sans étapes progressives , violement et en ligne droite si l’on ose dire (comme lorsqu’il se pavane sur un yacht en déclarant « les caisses sont vides »). Il n’a aucun respect et ne prends aucun soin pour la psychologie du pauvre qu’il écrase cyniquement et à visage découvert. Au contraire, quand les socialistes installent le libéralisme, ils le font tout à fait différemment. Ils le font progressivement et en douceur, par petites touches insensibles (et pourtant irréversibles logiquement : comme lorsque Fabius initie la baisse des impôts, programmant à long terme le déficit désormais vu comme « structurel » du budget de l’état, ou invente l’épargne salariale, premier pas de l’introduction des fonds de pension qui ne dit pas son nom, commençant à tuer  à petit feu le système par répartition). Bref,par toutes sortes de manières de faire fondamentalement différentes, ils accompagnent et ils prennent soin ( «to care », prendre soin en anglais) de leurs « victimes », qui du coup, ont le temps de s’accoutumer, de s’installer en douceur dans leur nouveau statut de « pauvre ». La différence est radicale pour « la victime » (le mot est d’ailleurs tout à fait impropre, et il faudrait inventer un mot nouveau pour désigner ces victimes amenées en douceur  : « victimes  respectées» peu être). On s’est beaucoup moqué par exemple de Ségolène Royale qui, lorsqu’elle faisait campagne contre Sarkozy avait promis dans un premier temps un salaire minimum de mille cinq cents euros, puis dans un second temps avait argué qu’elle parlait en « brut », puis dans un troisième temps  que cette proposition était irréalisable et qu’une fois au pouvoir, elle ne l’aurait pas prise. Comment ne pas voir l’humanité évidente de la démarche pourtant? A la différence d’un Sarkozy qui  déclare d’entrée de jeu « c’est impossible » (en oubliant vicieusement d’ajouter « si on ne redistribue pas les richesses ») et impose un choc psychologique démentiel et inhumain aux pauvres, au contraire notre Ségolène (habitée  par la fraternité comme chacun le sait), à travers les différents « paliers de décompression » » qu’elle met en place pour sa « victime » désormais respectée, soigne littéralement celle-ci, et lui laisse le temps psychologique de s’accoutumer en douceur à son nouveau statut de pauvre. De même dans l’affaire des retraites. Comment ne pas voir qu’il y a, de la part des socialistes, un souci évident de ne pas brusquer leurs « victimes » et de ne pas leur faire mal  qu’on ne trouve pas chez Sarkzoy ? En effet, au lieu de dire brutalement aux français « vous devrez travailler obligatoirement jusqu’à 62 ans pour prétendre toucher votre retraite », les socialistes, avec un savoir faire psychologique évident, anticipent le choc qu’une telle annonce maladroitement trop franche (si on ne touche pas à la redistribution des richesses, ne l’oublions pas) peut produire, prennent bien soin de dire « on pourra partir à 60 ans avec nous ». Bien sûr, sur le fond, ce sera grosso modo de fait  la même chose. Vu que les socialistes, au mépris de  leur nom,  ne toucheront pas en profondeur à la répartition des richesses entre actionnaires et salariés, et vu qu’ils ne reviendront ni  sur le nombre d’annuités nécessaires, ni sur le montant des retraites (ni surtout sur le mode de financement, programmé pour être mortel, de celles-ci). Et que donc de fait, beaucoup de français  seront logiquement condamnés  à travailler jusqu’à soixante cinq ans et plus s’ils veulent vivre décemment. Mais, et c’est une différence radicale quand même ( !!!), nous prenons bien soin de laisser une illusion apparente dans laquelle la victime, qui peut du coup se sentir psychologiquement respectée, peut se réfugier. C’est quand même là une différence radicale et qui nous différencie nettement de la droite « décomplexée » de Sarkozy. Et le regard sur les pauvres, y compris d’eux même sur eux même, change radicalement : les pauvres sont désormais respectables, et ça change tout messieurs et mesdames du Monde Diplomatique et consort !!! Il fallait enfin le dire et oser le proclamer.et même, à pleins poumons. Désormais qu'on le sache: les socialistes diront ce qu'ils font, et ils feront ce qu'ils disent! En route pour des lendemains qui, enfin, pourront chanter de nouveau...

Lionel Goutelle, le 10/09/10





 

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