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C'est bien connu: Pour le citoyen ordinaire, ce monde souffre d'illisibilité manifeste quand aux droits et aux devoirs de chacun. Et on découvre ahuri (lors d'intervention militaires ou policières, lors de décisions de « justice »,etc...) que selon notre nationalité, notre situation sociale, notre orientation sexuelle, nos valeurs, nous n'avons pas les mêmes droits les uns que les autres. Il y a là un « flou juridique » pour le moins inquiétant quand à la bonne marche de notre « société », surtout à l'heure de la « mondialisation ». Et si « nul n'est censé ignoré la loi », du moins les concepteurs des lois pourraient-ils faire preuve de plus de sincérité et de transparence quand à la lisibilité des statuts de chacun dans ce monde. Le monde commercial, toujours à l'écoute du consommateur, et à la tête de l'honnêteté et de la transparence comme chacun le sait, l'a bien compris. Et l'invention de labels (bio, commerce équitable, etc...) a bien simplifié le choix du consommateur qui n'a plus à produire ce travail de réflexion (interminable et demandant beaucoup trop de compétences techniques fines à la vérité), délégué à d'autres qui ont, à tort ou à raison, sa confiance. 

Ainsi pour prendre un exemple « frappant » (et pas seulement au sens abstrait du terme): il est évident que les palestiniens ne sont pas traités comme des citoyens normaux de ce monde. Au nom d'une histoire datant de deux milles ans en arrière, on les a expulsé de leurs terres (imaginiez qu'on traite tous les peuples, dont nous même, de la même façon! Comme le dit Alain Gresh, il faudrait rendre les U.S.A aux indiens et une partie de la France aux germaniques!). Devant leur première réaction défensive (que pas mal d'entre nous auraient naturellement eu non?), non seulement on leur a fait la guerre, mais on a profité de celle-ci pour outrepasser le territoire initialement concédé à l'Etat d'Israël par le droit international (de l'art d'être vicieux) !!! Et même si les palestiniens, y compris une bonne partie de ceux qu'Israël persiste à faire passer pour des terroristes, se sont résignés à reconnaître cette concession territoriale jamais vue dans l'histoire, il ne faut pas hésiter à le marteler (à savoir accepter deux mille ans après !!! le retour sur ses présumées terres d'un « peuple », qui pis est largement fictif à en croire certains historiens pourtant eux même israéliens), cela n'a pas suffit: on persiste à faire passer pour les agresseurs des humains qui cherchent tout simplement à faire appliquer pour eux comme pour les autres un «droit international » qui ne soit pas à géométrie variable (Israël: plus de cinquante résolutions de l'ONU lui demandant d'obtempérer et de revenir aux frontières de 1967. Sanction rien. Irak: trois résolutions bafouées. Sanction, une guerre avec des centaines de milliers de morts. Il est vrai que l'Irak possède pas mal du pétrole consommé en occident) . Il y a donc là manifestement un « droit » à deux (pour ne pas dire trois) vitesses. A preuve, les réactions disproportionnées de l'Etat d'israël aux « violences » qui lui sont faites (et qui cesseraient s'il respectait le droit international d'après ses opposants. Et Israël pourrait ainsi les prendre au mot s'il agissait intelligemment). Un « état » qui, n'hésitant pas à renier sa propre « loi du Talion » (et l'on voit là les services à géométrie variable dans l'usage qui est fait des raisonnements religieux ou moraux) s'accorde le droit de faire plus de dix morts chez ses « ennemis » (et pas forcément des résistants déclarés et actifs) pour un mort chez lui ! Bref, cessons de démonter des « arguments » si manifestement de mauvaise foi d'un état qui n'hésite pas à dénommer (pour une fois honnêtement) une de ses opérations militaires « plomb durci »: D'évidence, il y a tout simplement dans ce cas là un poids deux mesures entres des humains selon leur nationalité.

Dès lors, ne gagnerait-on pas en matière de clarté à reconnaître et à obliger à visualiser officiellement cette différence de fait? Par exemple, en matière de peuple discriminé, les palestiniens et leurs sympathisants ne pourraient-ils pas porter (d'eux-même s'il le faut) non pas une étoile jaune bien évidemment (symbole de la destruction et de la sauvagerie la plus extrême infligé à un peuple, personne de sérieux ne le conteste) mais au moins une forme d'étoile orange (avec inscrit dessus « GAZA: sous humain ») symbolisant le début de la ghettoïsation et de la sauvagerie infligées aux habitants de Gaza (car de l'aveu même d'Eric Zemour, peu suspect de sympathie pour le Hamas, entendu aujourd'hui samedi 5 juin 2010 sur LCI, Gaza est un endroit « kafkaïen » il le concède) ? Bien évidemment, il ne faut pas attendre des « violenteurs », en l'occurrence de l'état d'Israël et de ses sympathisants, qu'ils aient la sincérité de nommer ainsi visuellement le degré de leur mépris. Mais justement, il s' agit d'avoir le courage qu'ils n'ont pas, et de rendre éclatante leur sauvagerie, de les obliger à afficher à la face du monde leur violence. Marx disait qu'il fallait rendre la honte plus honteuse en la publiant à la face du monde. N'y a-t-il pas là un cas d'école à saisir?

On pourrait pousser cette stratégie et ce système plus loin peut-être (avec un risque de dérive il est vrai: l'ilisibilité dû à la multiplication de symboles peu clairs s'ils sont mal choisis et peu « parlants »). On pourrait imaginer des couleurs différentes selon les problèmes auxquels on fait allusion. Etoile marron pour les banlieues (avec inscrit dessus « habitant de seconde zone »?), rose évidemment pour la discrimnation selon l'orientation sexuelle (quoique là on retomberait sur la symbolique nazi, et il faudrait imaginer des écarts visuels symbolisant les paliers « plus doux » de la ghettoïsation d'aujourd'hui). A défaut de pouvoir s'y opposer, affichons leur violence et rendons visibles les ghettos qu'ils fabriquent sans avoir le courage de les nommer.

 

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