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Publié par Goutelle Lionel

 

 

Nous, jeunes (et enthousiastes, est-il besoin de le dire?) militants du (nouveau) Parti Socialiste français (ayant enfin eu le courage de reconnaître dans ses statuts que la loi des marchés était désormais incontournable dans une économie moderne) sommes particulièrement choqués par la manière inhumaine et brutale avec laquelle on traite un homme aussi compétant et sympathique que monsieur Strauss Khan (ce n'est pas pour rien qu'on avait mis un tel homme à la tête du F.M.I, une des institutions parmi les plus puissantes et les plus efficaces pour moderniser ce vieux monde. Y compris comme on le voit bien dans le cas grec, en n'hésitant pas à bousculer les mauvaises habitudes d'un peuple réclamant maladivement justice sociale à tout bout de champ. Et cela, à la manière d' un vieux socialiste qui aurait mal vieilli, et refuserait maladivement d'entrer dans le nouveau monde d'après Fukushima ).

S'il s'avérait (comme c'est fort probable au vu des casseroles qui sortent tous les jours dans la presse) que monsieur Strauss Khan, resté comme nous trop jeune dans son corps et son esprit, n'aurait pas su réprimer des pulsions sexuelles envahissantes (à son âge pourtant signe d'excellente santé physique, on ne l'a pas assez dit), nous ne saurions que trop vivement conseiller à ses avocats de changer leur fusil d'épaules pour adopter une autre ligne de défense, beaucoup plus réaliste, beaucoup plus crédible et logique. Et donc beaucoup plus convaincante à priori que celle d'une improbable vertu morale, apparemment difficilement trouvable chez notre ami Dominique .
Par contre bien plus judicieuse serait d'après nous la reformulation de sa défense de la manière suivante: N'était-il pas inéluctable qu'un tel homme publique, obligé (pour rester dans le vent) de passer mentalement du vieux Parti Socialiste (héritier de Jaures et fidèle défenseur de la cause ouvrière) à celui de Mitterand et Bérégovoy (glorifiant les gagnants et introduisant la liberté des marchés financiers en France, et celà sous les félicitations du Wall Street Journal et de la droite française), et à fortiori nommé (avec les encouragements vicieux de Sarkzoy, qui en bon stratège, savait très bien dans quelle engrenage psychologique il mettait son concurrent potentiel) à la tête d'une des pires institutions capitalistes de ce monde, n'était-il pas inéluctable donc qu'un tel homme perde la tête? Et qu'avec une telle trajectoire politique (à savoir un tête à queue idéologique à 180°) et occupant une telle position sociale (directeur du F.M.I, c'est à dire une institution qui passe son temps à professer que les services publics qui aident les pauvres sont la cause des problèmes de ce monde, et qu'il faut les privatiser), il finisse par confonde abandon théorique (comme n'a pas hésiter à le proclamer le think thanks socialiste terra nova qui appelle carrément le P.S à se détourner des classes populaires pour mieux conquérir les classes moyennes et supérieures) et violence sur le papier (comme il la pratique quotidiennement au F.M.I) envers les classes populaires du monde entier, avec violence concrète et active sur une femme de chambre dans un hotel new yorkais ?

Qui peut soutenir sérieusement, qu'obligé toute sa vie pour rester moderne et dans le vent (deux qualités obligées comme on le sait dans le monde politique d'aujourd'hui) de passer son temps à travailler à glorifier les dominants et les gagnants de ce monde (qui sont souvent des hommes) et inversement à vilipender les dominés et les pauvres de ce monde (qui sont souvent des femmes), il ne finirait pas, par déformation professionnelle non forcément voulue, par croire que les dominés de ce monde (les femmes et les pauvres, et à fortiori s'ils possèdent ces deux qualités ensemble, comme peut les posséder une femmes de ménage d'un hotel) sont naturellement destinés à être violentés par les élites? Au fond, Strauss Khann n'a t'il pas fait que prendre au mot la violence perfide et implicite qu'il était chargé de distiller à la fois comme Apparatchik rénové du P.S et comme directeur du FMI? N'importe qui, soumis à un tel « azimutage » aussi improbable socialement parlant, aurait de fortes chances de « pêter les plombs » et de ne voir aucune raison de réprimer ses pulsions s'il faisait parti des élites.

Voilà la seule ligne de défense susceptible de troubler les jurés d'après nous. Car pour le reste, nous craignons fort que la carotte de Strauss Kahn soit déjà bien cuite...Dieu sauve le P.S. (lionel goutelle, le 19/05/11)

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