Journalistes, on vous voit !
Il est étonnant que les éditocrates et autres toutologues des médias français dits « main stream » et « sérieux » (auto désignation intéressée bien sûr) ne s’aperçoivent pas (?) à quel point leurs vicieuses stratégies (qu’un véritable ARCOM s’il existait interdirait) nous sautent aux yeux et sont devenues insupportables pour un grand nombre d’auditeurs peu respectés, pour ne pas dire violentés quotidiennement.
Et cela que ce soit dans les médias les plus ouvertement engagés à l’extrême droite ou à droite (non nonobstant leurs dénégations criantes de mauvaise fois évidentes Cnews, BFM…) jusqu’à ceux se prétendant plus sérieux (LCI, France Info…) en passant par ceux se prétendant encore plus cultivés ou "ouverts" (France Inter, France Culture, Arte, France 5…).
On ne peut manquer de s’apercevoir qu’il est littéralement interdit à l’auditeur de comprendre les raisonnements et les preuves avancées par les vrais et sérieux contestataires du système, spécialement si leur raisonnement,pourtant bien plus logique et éclairant, est long et détaillé (Dieu merci, il existe des podcast ou des livres. Par exemple parmi tant d’autres la collection « Raisons d’agir » justement née pour contrecarrer cette désinformation publique) .
1) Une composition du plateau déjà viciée.
La principale stratégie la plus courante me semble être la suivante. D’office la composition d’un plateau dans un débat politique est biaisée : les gens de gauche, souvent réduit à une gauche molle et décrétée implicitement comme la seule « sérieuse » (première censure) – y sont en infériorité numérique, sous prétexte qu’il faut une représentation du centre, de la droite et de l’extrême droite (aujourd’hui « dédiabolisé » par ces ces mêmes médias) . Or nous sommes aujourd’hui dans un contexte (que ces médias ont largement contribué à fabriquer) où droite et extrême droite tiennent, à des nuances près, le même discours (sur l’émigration, sur l’économie et les entreprises, véritables églises de notre temps, qu’il ne faut pas imposer). De fait, le discours de droite sera répété trois ou deux fois contre une seule fois pour le discours de gauche molle (et encore ce n’est pas vrai : voir le deuxième point). Un discours de gauche molle qui bien souvent n’attaquera pas dans ses principes mêmes les discours de droite (par exemple sur le fait qu’il faut sortir la dette des marchés financiers pour recréer un circuit du trésor comme le défendent attac ou des économistes renommés comme Benjamin Lemoine et d’autres).
Bref, bien souvent déjà, la composition implicite du plateau garantie une surreprésentation des visions orthodoxes des visions de droite ou au mieux de gauche molle.
2) le cadrage des questions par le journaliste et les coupures de parole orientées politiquement.
S’il advient qu’une personne gênante de vraie gauche (contestant le système) soit invitée sur le plateau, elle n’aura pas le loisir de communiquer à l’auditeur sa façon de voir les problèmes et de les résoudre. Car le journaliste et les gens de droite la couperont systématiquement (des mesures des coupes de parole par appartenance politique, très défavorables à LFI on s’en doute, existent : voir acrimed) et la ramèneront systématiquement à des questions de diversion choisies par eux. Le journaliste ne veut entendre qu’une façon de poser les problèmes qu’il dit prioritaires (la violence dans les manifs lycéennes avec en parallèle une sous information sur les violences policières : mais Dieu merci les réseaux sociaux existent) et qu’une seule manière de les résoudre (la police aux abords des lycées, et non pas des négociations avec le gouvernement). On insiste souvent sur la coupure de la parole. Mais la réorientation simultanément et la diversion sur un autre problème fait que le contestataire du discours dominant perd le fil (c’est le but) de son raisonnement (on se demande parfois, tant il est clair que l’auditeur n’est pas respecté et n’y comprendra rien pourquoi il ne fiche pas le camp) et il devient inaudible en plus que d’être noyé sous une avalanche de contres discours (le point commun entre les discours de gauche molle et de vraie droite étant bien sûr de ne pas remettre le cadre des choses écoutables en cause : il est permis de discuter sur les besoins des services publics, les priorités budgétaires, mais pas de la possibilité de sortir des marchés financiers par exemple ou encore de la légitimité d’une guerre appelant des besoins financiers énormes)
Si ce deuxième aspect est lui aussi relativement observable et dénonçable (ce qui n’empêche pas qu’il perdure tranquillement dans des médias qui ne tiennent pas pour rien à conserver cette forme de « débat » qui finit par massacrer la raison au profit (?) de celui qui occupe le plus longtemps, et le plus souvent en étant peu coupé et bien mieux respecté, le micro), le troisième point me semble beaucoup mieux masqué et ayant peu fait l’objet d’une contestation.
3) Le vocabulaire et l’euphémisme par la « nécessité économique » et le « réel ».
Les journalistes dominants ne disent jamais frontalement « nous voulons que les français n’aient plus de retraite, le droit de se soigner gratuitement et d’aller dans des écoles gratuitement . Ils parlent « déficit « de la dette et « réalisme économique ». Bref, ils font en permanence (et ils légitiment) des arbitrages très concrets (de plus en plus meurtriers) entre des populations très inégales du point des ressources et de leurs conditions sociales. Par exemple ils ne diront jamais nous demandons aux français de sacrifier la création d’une maternité pour qu’un ultra milliardaire puisse s’offrir un immense yacht qui d’ailleurs est une folie écologique Ils diront la taxe Zucman ferait fuir un créateur de richesse (Lordon et d’autres ont mis en pièce ce mythe de ruissellement des riches vers les pauvres.) et si on l’embête, il va partir ailleurs.
Bref, ils utilisent de faux raisonnements économiques pour pratiquer la violence sociale concrète qui aujourd’hui atteint des sommets dans ce pays (Thomas Piketty, pas exactement d’extrême gauche parle quelque part d’un retour au capitalisme du 19 siècles) . Ils sont au bas mot des complices des tueurs (nous connaissons tous, quand ce n'est pas nous même, des personnes qui voient leurs problèmes médicaux empirer parce qu'ils ne peuvent pas voir un médecin à temps).
Ce voile fourni par le langage de l’économie néo libérale, s’il est remis en cause par certains chercheurs (Delatte, Lemoine, Lordon….on peut se demander si parfois ils ne pourraient pas avoir une grossièreté à la mesure de celle qu’on nous envoit en douce par ces faux « raisonnements » à la manière de Lordon justement) est accepté comme normal. Alors que la plupart d’entre nous savons que c’est un langage très mal euphémisé de nos tueurs ...
Journalistes, on voit bien le jeu que vous jouez. Journalistes, on vous voit…..
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